Pneumopathie aigue infectieuse

Code/s CIM-10 : J12, J13, J14, J15, J16
Auteur : Dr. Carmelo Lafuente
Dernière mise à jour : 10/01/2025

  Infection du parenchyme pulmonaire provoquant une inflammation aiguë et souvent une répercussion générale et d'autres organes. Très fréquente

Infection du parenchyme pulmonaire provoquant une inflammation aiguë et souvent une répercussion générale et d'autres organes. Très fréquente à tout âge, partout dans le monde, elle reste une des principales causes de décès d'origine infectieux.

Diagnostic : tableau clinique évocateur + confirmation par une imagerie pulmonaire (Rx, écho, TDM..). Les examens microbiologiques ne sont pas faire pas en routine, mais recommandés chez tout patient avec des signes de gravité, principalement patients hospitalisés.

Chez des adultes hospitalisés, un germe causal n'est isolée que dans 30 - 40 % des cas avec microbiologie conventionnelle (crachat, hémocultures, antigènes, PCR ciblée) et dans 60 - 85 % si on ajoute une PCR multiplex.

Causes :

Large variété de microorganismes responsables possibles. Pneumocoque et Haemophilus restent les bactéries les + fréquentes. Les virus sont une cause fréquente (23 à 35% des adultes hospitalisées) : grippe, rhinovirus et autres virus respiratoires.

La fréquence des bactéries intracellulaires (Mycoplasme, Legionella, ...) varie largement entre études .

Traitements

Liste des traitements : 1ème ligne
  • Si pas de signes de gravité, traitement ambulatoire
    Traitement de 1er choix d'une pneumopathie sans signes de gravité (Recos USA 2019, Pakhale 2014)
    5 jours de traitement suffisent, si pneumopathie non grave, quel que soit l'antibiotique choisi (Recos USA 2019, SPILF SPLF 2025) et même seulement 3 jours si bonne réponse clinique à J3 (Dinh 2021, SPILF SPLF 2025)
  • Pas de signes de gravité, mais patient BPCO, âgé ou comorbidités
    1er choix chez le patient âgé, BPCO, avec des comorbidités ou dans les suites d'une grippe (Recos USA 2019, SPILF SPLF 2025)
  • Si allergie à la pénicilline, ou germe intracellulaire suspecté
    En monothérapie, en cas d'allergie à l'amoxicilline ou de forte suspicion clinique de germe intracelulaire (pneumopathie atypique).
    En association, chez les patients hospitalisés, patients avec des signes de gravité ou après échec d'une monothérapie avec un bêta-lactamide (Garin 2014, Recos USA 2019)
  • Si signes de gravité, patient hospitalisé
    Chez les patients avec pneumopathie gravité, ou hospitalisés avec facteurs de risque (SPILF SPLF 2025). L'association à un macrolide semble améliorer les résultats, surtout dans les cas les plus sévères (Garin 2014)
Traitements alternatifs
  • PNP non grave, non hospitalisé, si allergie à l'amoxicilline
    Alternative en cas d'allergie aux à l'amoxicilline ou aux macrolides, dans les pneumopathies non graves, non compliquées, en traitement ambulatoire (SPILF SPLF 2025)
Cas particuliers
  • Si pneumopathie grave, en cure courte
    Dans les pneumopathies graves, un traitement court (prednisone 40 - 60 mg/j ou hydrocortisone 200 mg/j, x 3 - 8 jours) a montré une amélioration de l'évolution clinique et de la mortalité dans plusieurs essais randomisés (Stern 2017, CRICS-TriGGERSep 2023). A éviter chez les patients avec grippe ou infections à champignons (aspergillus)
  • Risque ou suspicion de Pseudomonas
    Si patient à risque d'infection par Pseudomonas : mucoviscidose, bronchiectasies, antécédents d'infection à Pseudomonas, trachéostomie (SPILF SPLF 2025)
  • Pneumopathie à Staphylococcus aureus
    Antibiotique actif contre le Staphylococcus aureus résistant à la meticilline (SARM), utile dans les pneumopathies à Staphylococcus aureus ou à forte suspicion de Staphylococcus
  • Pneumopathie grippal
    Dans la pneumopathie de la grippe, quel que soit le délai après l'apparition des premiers symptômes
  • Si signes de gravité et allergie aux bêta-lactamines
    Alternative en monothérapie en cas d'allergie aux bêta-lactamines chez les patients hospitalisés avec des signes de gravité (SPILF SPLF 2025). Tenir compte du risque d'effets indésirables cardiaques et neurologiques
  • Si abcès pulmonaire ou pyothorax uniquement
    Souvent utilisé dans les pneumopathies d'inhalation, en association à un bêta-lactamide, mais des dernières recos considèrent qu'il est inutile, sauf si abcès pulmonaire ou empyème. L'amoxicilline et amoxi-clavulanique couvrent très bien la plupart des anaérobies respiratoires (Recos USA 2019)
  • PNP atypiques : alternative aux macrolides et fluoroquinolones
    Une alternative pour couvrir les germes intracelulaires s'il n'est pas possible d'utiliser un macrolide ni une fluoroquinolone

Examens diagnostiques

  • Examen de choix pour le diagnostic :
    1er examen pour le diagnostic de la pneumopathie
    Facilement disponible, reste le 1er examen fait en pratique. Inconvénient : elle est peu sensible (sensibilité 43-50% comparée au scanner) (Self 2013)
  • Examen alternatif :
    Alternative pour le diagnostic initial, + sensible que la Rx
    Plus sensible (88 - 95%) que la Rx simple pour le diagnostic de pneumopathie, avec une spécificité similaire (Long 2017)
  • Examen de choix pour le diagnostic :
    Le plus précis pour le diagnostic d'une PNP. Si doute après Rx
    Examen de référence (gold standard) pour le diagnostic de pneumopathie (ne nécessite pas de contraste pour ceci). A faire en cas de doute après Rx simple ou non interplétable, ou chez certains patients où la Rx est moins performante (ex. patient âgé, peu mobile) (SPILF SPLF 2025)
  • Examen additionnel :
    Différentier une origine bactérienne ou virale
    Aide à différentier les infections respiratoires bactérienne sévères des infections virales. Diminue rapidement avec la résolution de l'infection.
    Utile comme aide à la décision d'initier un traitement antibiotique, ou si initié, du moment de l'arrêter. N'est pas recommandé en systématique, cependant (SPILF SPLF 2025)
  • Chez certains patients :
    Si signes de gravité, patient hospitalisé
    Pas en routine. A faire chez les patients avec une pneumopathie grave (Recos USA 2019, SPILF SPLF 2025)
  • Chez certains patients :
    Si signes de gravité ou tableu clinique suggestif
    Pas en routine. A faire chez les patients avec des signes de gravité, ou si tableu clinique suggestif ou si facteurs épidémiologiques (Recos USA 2019, SPILF SPLF 2025)
  • Chez certains patients :
    En période épidémique
    Toujours à considérer, en fonction de la prévalence du SARS-CoV-2
  • Chez certains patients :
    En période épidémique
    Si en période épidémique grippal (Recos USA 2019)
Autres examens, 2ème intention :
  • Examen additionnel :
    Chez les patients graves, si crachat productif ou intubés
    Pas en routine. Faire si : patients grave, traitement antibiotique récent, suspicion de Pseudomonas ou Staphylocoque, échec du traitement antibiotique empirique (Recos USA 2019)
  • Examen additionnel :
    Chez les patients graves, hospitalisé
    Pas en routine. Chez les patients graves
  • Chez certains patients :
    Si échec du traitement, patient immunodéprimé, suspicion cancer
    En cas d'échec de plusieurs traitements antibiotiques, ou chez certains patients : immunodéprimés (germes oportunistes), suspicion de cancer bronchique, d'aspiration, de pathologie pulmonaire inflammatoire (vascularite, maladies interstitielles ...)
  • Chez certains patients :
    Suspicion pneumopathie d'origine virale
    Peut diagnostiquer des pneumopathies d'origine virale autre que grippe et COVID : rhinovirus, VSR, autre coronavirus. Utile si tableau clinique suggestif d'infection virale, pneumopathie interstitielle, échec des antibiotiques ...

Scores, Listes utiles

Références