Migraine

Code/s CIM-10 : G430 - G439
Auteur : Dr. Carmelo Lafuente
Dernière mise à jour : 01/08/2026

 Caractérisée par des crises récurrentes de céphalée pulsatile, modérée à sévère , typiquement aggravée par les mouvements, la lumière et les b

Caractérisée par des crises récurrentes de céphalée pulsatile, modérée à sévère, typiquement aggravée par les mouvements, la lumière et les bruits, souvent accompagnée de nausées et vomissement, durant plusieurs heures (4 à 72h). Voir les critères diagnostiques dans l'onglet Scores

La crise peut être précédée ou accompagnée d'aura, incluant symptômes visuels (les + fréquents : points ou taches brillantes, trous noirs), sensitifs (paresthésies, hypoesthésies), déficits moteurs focaux ou dysphasie, toujours transistoires.

Le maniement peut être complexe, ne pas hésiter à essayer plusieurs classes thérapeutiques et plusieurs molécules dans chaque classe, jusqu'à trouver un traitement efficace pour chaque patient.

Causes :

Prédisposition multi-gènique + facteur déclenchant → excitabilité neuronale anormale, avec activation du système trigéminovasculaire
→ libération de neuropeptides pro-inflammatoires, dont le CGRP
→ dilatation et inflammation des vaisseaux cérébraux → céphalée.

L'aura est due à des vagues lentes de dépolarisation des neurones parcourant le cortex.

Traitements

  • Traiter le plus tôt possible
    Dès le début de la crise, sans attendre
  • Crise légère
    AINS initialement, ajouter un Triptan si persistance de la douleur après 1 h
  • Crise modéré ou sévère
    Prendre d'emblée un Triptan, ajouter un AINS si persistance de la douleur après 1 h
  • Crise avec aura
    Prendre un AINS au début de l'aura, attendre au début de la céphalée pour prendre un Triptan (pas efficaces avant)
  • Crise avec nausées/vomissements
    Ajouter Métoclopramide, par voie parentérale (I.M., I.V.) ou rectale si nécessaire
  • Contre-indication aux triptans, intolérance ou inefficacité
    Essayer un Gépant
  • Adapter le traitement au patient
    Considérer les traitements qu'il a déjà essayé, leur efficacité et les préférences du patient.
  • Eviter les opiacés
    Pas plus efficaces que les AINS/triptans, avec risque de dépendance et mésusage
Liste des traitements : 1ème ligne
  • Si pas de contre-indication. Tt. des crises légères / modérées
    L'aspirine (1 gr, max 3 gr/j), ibuprofène (200-400 mg, max 1200 mg/j), kétoprofène (100 mg, max 200 mg/j), diclofenac (50-100 mg, max 150 mg/j) ou le naproxen (550 mg, max 1100 mg/j) sont efficaces pour le traitement des crises modérées à sévères.
    Tenir compte des contre-indications (ulcère gastro-duodénale actif, hypersensibilité, insuf. rénale ou cardiaque, grossesse) et ne pas dépaser 14 jours de traitement / mois (8 jours si associés à la caféine)
  • Si pas de contre-indication. Tt. des crises modérées / sévères
    Efficacité supérieure aux AINS. L'élétriptan, rizatriptan et sumatriptan semblent les plus efficaces (Karlson 2024). Chaque patient peut présenter une sensibilité spécifique pour certains triptans et ne pas tolérer ou être soulagé par d'autres → essayer plusieurs si besoin.
    Contre-indications : maladie coronaire, AIT ou AVC, maladie artérielle périphérique, Raynaud, insuf. hépatique ou rénale sévère.
    Ne pas dépaser 8 jours de traitement / mois
Traitements alternatifs
  • Réduit le nombre de crises de migraine
    L'activité physique régulière diminue le nombre de crises de migraine, en cas de migraines récurrentes
  • En prévention 2aire, si migraines fréquentes
    Si crises de migraine fréquentes malgré les traitement non pharmacologiques (activité physique régulière, relaxation, acunpuncture, thérapie cognitive-corportementale). Un essai randomisé de bonne qualité a montré une réduction significative des jours avec migraine avec candesartan 16 mg/j, comparé au placebo (Oie 2025)
  • En prévention 2aire, si migraines fréquentes
    En prévention des épisodes de migraine, si crises de migraine fréquentes malgré un traitement non pharmacologique (activité physique, relaxation, acunpuncture, thérapie cognitive-corportementale)
  • Tt de la crise dans certains cas, et en prévention 2re
    Traitement des crises chez des patients où les triptans sont contre-indiqués (ex. antécedents cardiovasculaires) ou inefficaces. Efficaces également en prévention secondaire chez les patients avec des crises fréquentes ou migraine chronique
Cas particuliers
  • Si crise accompagnée de naussées / vomissements
    En association à un autre traitement de la crise, si celle-ci accompagnée de nausées et vomissements → Soulagement supplémentaire
  • Enfants, ados, personnes âgées ou si AINS/triptan contreindiqés
    Traitement préféré chez les enfants et adolescents, ainsi que chez les patients âgés. Dans les autres groupes d'âge, en cas de contre-indication ou intolérance aux AINS, aspirine et triptans. Associer à la métoclopramide

Examens diagnostiques

  • Examen de choix pour le diagnostic :
    Pilier du diagnostic, souvent le seul élement nécessaire
    L'entretien clinique, complété par un examen général et neurologique, est l'élément essentiel, et souvent le seul nécessaire, pour le diagnostic de migraine.
    Voir sous l'onglet Scores les critères diagnostiques de référence et les signes d'alerte à tenir en compte.
    Demander au patient de tenir un calendrier avec les jours d'occurrence, intensité, déclencheurs et symptômes accompagnants, est très utile, autant pour le diagnostic que pour évaluer le traitement
  • Examen additionnel :
    Si signes neurologiques ou signes d'alerte
    Si un signe neurologique quelconque à l'examen, ou signes d'alerte faisant penser à une céphalée secondaire (voir "Signes d'alerte" dans l'onglet "Scores, Listes"). A la faire réaliser en urgence éventuellement (suspicion d'hémorragie sous-arachnoïdienne, d'accident cérébrovasculaire ...)
Autres examens, 2ème intention :
  • Chez certains patients :
    Si suspicion clinique de méningite ou méningo-encéphalite
    Si signes ou symptômes faisant suspecter une méningite ou méningo-encéphalite : fièvre ou sd. inflammatoire sans une autre cause évidente, raideur de la nuque ou signes de méningisme ...
  • Chez certains patients :
    Si suspicion clinique de possible artérite de la temporale
    Si suspicion clinique de possible artérite de la temporale (maladie de Horton) : début chez une personne de > 50 ans, perte visuelle ou signes visuels persistants, sd. inflammatoire inexpliqué ...

Scores, Listes utiles

Références