Anti-diabetiques - Analogues GLP-1 : Liraglutide, Dulaglutide, Sémaglutide …

Code ATC : A10BJ02, A10BJ05, A10BJ06
Auteur : Dr. Carmelo Lafuente
Dernière mise à jour : 14/04/2026

 Analogues du Glucagon-Like Peptide-1 (GLP-1) => stimulent la sécrétion d'insuline de façon proportionnelle à la glycémie par les cellules β p

Les analogues GLP-1 ont une bonne capacité hypoglycémiante et un faible risque d'hypoglycémie. Ils induisent une perte de poids significative et ont montré réduire les événements cardiovasculaires chez les patients obèses, diabétiques ou non.

Les dernières recommandation internationales les placent en 2ème ligne dans le traitement du diabète type 2, après la metformine (Recos SFD 2025).

Indiqués aussi dans le traitement des patients obèses sans diabète mais avec des antécédents cardiovasculaires ou échec du traitement initial (HAS 2022, SELECT 2023)

Inconvénient : la perte de poids inclue une perte de masse musculaire, à tenir en compte.

Mécanisme d'action :

Analogues du Glucagon-Like Peptide-1 (GLP-1) => stimulent la sécrétion d'insuline de façon proportionnelle à la glycémie par les cellules β pancréatiques, ralentissent la vidange gastrique et diminuent l'appétit.

A la différence du GLP-1 natif, ils ont une demi-vie longue, car résistent à l'action protéolytique de la DPP-4.

Voir le RCP : Liraglutide    Dulaglutide    Sémaglutide, doses obésité    Sémaglutide, doses diabète type 2   

Doses habituelles

  • Dulaglutide

    Dose initiale

    0,75 mg x1 fois / semaine ; S.C.

    Dose à regler sur le stylo prérempli

    Dose moyenne

    1,5 mg x1 fois / semaine ; S.C.

    Augmentation de dose, si nécessaire, très progressivement, après un minimum de 4 semaines de traitement avec chaque dose (0,75 -> 1,5 -> etc)

    Maximale

    4,5 mg x1 fois / semaine ; S.C.

  • Liraglutide

    Dose initiale

    0,6 mg x1 fois/jour ; S.C.

    Dose à regler sur le stylo prérempli

    Dose moyenne

    1,2 mg x1 fois/jour ; S.C.

    Augmentation de dose, si nécessaire, progressivement, après un minimum d'1-2 semaines de traitement avec chaque dose

    Dose maximale

    1,8 mg x1 fois/jour ; S.C.

  • Sémaglutide : Diabète type 2

    Dose initiale

    0,25 mg x1 fois / semaine ; S.C.

    Dose à regler sur le stylo prérempli

    Dose moyenne

    0,5 mg x1 fois / semaine ; S.C.

    Augmentation de dose, si nécessaire, très progressivement, après un minimum de 4 semaines de traitement avec chaque dose (0,25 -> 0,5 -> 1 mg)

    Dose maximale

    1 mg x1 fois / semaine ; S.C.

  • Sémaglutide : Obésité

    Dose initiale

    0,25 mg x1 fois / semaine ; S.C.

    Commercialisé seulement dans certains pays

    Escalade progressive

    0,25 à 0,7 mg à ajouter, toutes les 4 semaine ; S.C.

    Voir détails du protocole de montée progressive de la dose dans le RCP

    Dose d'entretien (et maximale)

    2,4 mg x1 fois / semaine ; S.C.

  • Sémaglutide : Voie orale, Diabète 2

    Dose initiale

    3 mg x1/j ; P.O.

    A prendre à distance des repas. Le sémaglutide orale est commercialisé dans certains pays, mais pas en France, où la HAS a jugé insuffisant son service médical rendu

    Dose moyenne

    7 mg x 1/j ; P.O.

    A prendre à distance des repas : biodisponibilité faible et absorption diminuée par la présence d'aliments ou de grands volumes de liquide

    Dose maximale

    14 mg x 1/j ; P.O.

    A prendre à distance des repas.
    Voir références : CBiP 2021, SOUL 2025

A surveiller

  • Nausées, vomissements, diarrhées, ballonnements, flatulences
    Effet indésirable fréquent : Digestif :
    Très fréquents
    Effets indésirables fréquents, habituellement légers à modérés et transitoires. Mais peuvent être sévères chez certains patients et obliger à arrêter le traitement, avec des cas de déshydratation décrits
  • Poids corporel
    Effet indésirable fréquent : Digestif :
    Perte de poids fréquente
    Le traitement par agonistes du GLP-1 est souvent associé à une perte de poids variable (3 kg en moyenne). Si pour la plupart des patients ceci est une avantage, chez certains patients (âgés, à bas poids ...) cela pourrait induire un risque de dénutrition
  • Fatigue, céphalées, vertiges, perte de cheveux
    Effet indésirable fréquent :
    Relativement fréquents
    Effets indésirables décrits comme fréquents (1 à 10% des patients traités)
  • Objectif thérapeutique :
    Risque d'hypoglycémie faible, mais possible
    L'hypoglycémie est peu fréquente en monothérapie, mais possible. Le risque existe surtout en association à l'insuline ou à des hypoglycémiants oraux (sulfamides, glinides ...)

Autres aspects à surveiller :

  • Douleurs abdominales
    Effet indésirable fréquent : Digestif :
    Souvent transitoires, des cas de pancréatite, cholécystite
    Effet indésirable fréquent et habituellement transitoire, mais des cas de pancréatite aiguë, de cholélithiase et cholécystite ont été décrits avec une fréquence plus élevée que dans la population générale : attention si douleurs localisées à l'épigastre ou l’hypocondre droit, intenses ou persistantes (He 2022)

Précautions

  • Réduire les doses d'insuline et/ou des hypoglycémients oraux (sulfamides, glinides) si prescrits en association
    Interaction à risque :
    Réduire le risque d'hypoglycémie
    Car risque majoré d'hypoglycémie en association avec autres anti-diabétiques : adapter en fonction des glycémies préalables du patient
  • Non recommandés si Insuf. rénale terminale
    Pathologie à risque : Insuf. rénale :
    Pas de données disponibles
    Pas d'ajustement de dose dans l'insuf. rénale sévère, mais manque de données chez les patients avec un DFG < 15 ml/min
  • Eviter chez les patients à faible poids corporel
    Pathologie à risque :
    Risque de dénutrition
    L'anorexie et a perte de poids souvent associées au traitement par analogues du GLP-1 peuvent provoquer une dénutrition chez ces patients
  • Ne pas utiliser chez les patients sans sécrétion propre d'insuline : diabète type 1, antécédents de pancréatite, diabète auto-immun latent de l’adulte
    Pathologie à risque :
    Risque accru de cétoacidose
    Risque accru de cétoacidose diabétique chez ces patients. Ces médicaments ne peuvent pas se substituer à l’insuline

Autres précautions :

  • Ne pas associer des inhibiteurs de la DPP-4 (..gliptines)
    Administration :
    pas d'efficacité supplémentaire
    Car agissent sur la même cible thérapeutique (incrétine-GLP-DPP-4) et il n'y pas d'efficacité supplémentaire avec l'ajout d'un inhibiteur de la DPP-4
  • Alterner les lieux d'injection
    Administration :
    Pour réduire les effets indésirables locaux
    Comme pour l'insuline, alterner l'injection S.C. entre l'abdomen, les cuisses et/ou le haut du bras
  • Déconseillés pendant la grossesse
    Grossesse et allaitement :
    Toxicité sur la reproduction chez les animaux
    Pas de données disponibles chez la femme enceinte. Les études chez les animaux ont retrouvé une toxicité sur la reproduction

Indications

  • 1ère association (ou 1er choix) chez les diabétiques avec comorbidités cardiovasculaires ou obésité. Reduit les évènements cardiovasculaires et la mortalité globale. Induit une perte de poids. 1er traitement injectable si besoin d'améliorer le contrôle glycémique (Recos USA / Europe 2018 et 2020, GRADE 2024)
  • Autres indications :
  • Chez les patients qui présentent une stéatose hépatique et un diabète de type 2 ou une obésité avec IMC ≥ 30, les analogues de la GLP-1 produisent une perte pondérale significative, une amélioration des paramètres du syndrome métabolique, et une amélioration de la stéatose (Recos AAEC/AASLD 2022). Chez les patients atteins de stéatohépatite et de fibrose hépatique, le sémaglutide reduit la stéatohépatite chez 63% et la fibrose chez 37% des patients (ESSENCE 2025)
  • En cas d'obésité clinique sans perte de poids suffissante avec l'éducation à la nutrition et exercise
  • Chez les patients obèses, diabétiques ou non, ils réduisent l'appétit, diminuent les complications et la mortalité, sans hypoglycémie (STEP 1 2021, SELECT 2023). En général recommandés pour les patients avec un IMC > 30-35, surtout si affectations d'organe (Recos Canada).
    Inconvénient principal : regain rapide de poids à l'arrêt, si pas de Tt. nutritionnel et activité physique maintenus (West 2026).
    En France, ils ne sont pas remboursés pour l'obésité

Références