Pseudo-obstruction colique (Sd. d'Ogilvie)
Code/s CIM-10 : K56.6
Auteur : Dr. Carmelo Lafuente
Dernière mise à jour : 13/12/2021
Forme particulière de iléus paralytique affectant le colon : dilatation du cadre colique et du rectum sans aucun obstacle organique.
Typiquement se présente comme distension abdominale très importante, avec arrêt des matières et des gaz et douleur diffuse, moindre que dans les occlusions mécaniques. Non résolue, peut conduire à la perforation (menace si dilatation du cæcum > 12 cm).
Le plus souvent aigu, compliquant une chirurgie récente ou l'évolution d'un patient âgé alité et avec plusieurs comorbidités. Habituellement se résout avec une prise en charge adaptée, mais peut devenir chronique pourtant chez quelques patients.
Causes :
Habituellement multifactorielle : trouble électrolytique (hypoK+ notamment), médicaments (opiacés et anticholinergiques surtout), chirurgie récente ou maladie aigue grave (neurologique, cardiaque ou respiratoire notamment) avec alitement du patient ... L'âge élevé est un facteur de risque.
Traitements
Liste des traitements : 1ème ligne
-
Pour diminuer la distension abdominale, la douleur et les possibles vomissements. Compléter avec une sonde rectale et, si vomissements répétés, une sonde nasogastrique
-
(ou perfusion SC) En volume adapté à la situation du patient, pour maintenir un état d'hydratation adéquat. Corriger tout trouble électrolytique => ajouter K+ ou Mg++ si besoin
Traitements alternatifs
-
Si échec du traitement général et de la correction des causes. 2 mg en dose unique en IV ou SC. Attention aux risques de bronchospasme et bradycardie
Examens diagnostiques
-
Examen de choix pour le diagnostic :
Examen de choix dans les diagnostics des occlusions et iléus intestinales. Il montre, dans l'Ogilvie, une dilatation diffuse du colon, sans olbstacle mécanique ni sténose ni foyer infectieux intra-abdominal -
Examen additionnel :
Chercher un trouble électrolytique, cause fréquente du sd. d'Ogilvie -
Examen additionnel :
Eliminer systématiquement une entérocolite à C. difficile, qui est aussi fréquente chez le même type de patients et peut produire un megacolon très similaire à l'Ogilvie
Autres examens, 2ème intention :
-
Examen additionnel :
Si scanner non disponible. Montre une dilatation diffuse du cadre colique, jusqu'au rectum, sans signes d'attainte du grêle (pas de niveaux hydro-aériques, ni dilatation d'ansas à ce niveau)
Scores, Listes utiles
- Aucun.e score renseigné.e pour cette maladie, pour l'instant.
Diagnostic différentiel
-
Entérocolite à C. difficile et sd. d'Ogilvie sont fréquents chez les patients âgés fragiles, avec co-mobidités multiples, et peuvent produire tableaux cliniques très similaires, de mégacolon ou distension colique diffuse
-
Devant una dilatation diffuse du colon, avant de poser un diagnostic de sd. d'Ogilvie, il faut s'assurer qu'il n'existe pas une obstruction basse, rectale
Références
-
Haj 2018. Cohorte rétrospective : Ogilvie's syndrome: management and outcomes. Medicine (Baltimore)Patients were divided and analyzed in 2 groups based on management: conservative (observation, rectal tube, nasogastric tube, fluid resuscitation, and correction of electrolytes) and interventional (neostigmine, colonoscopy, and surgery). ... we found no evidence that aggressive measures lead to improved outcomes
-
Pereira 2015. Revue narrative : Pseudo-obstruction colique aiguë ou syndrome d’Ogilvie. Journal de Chirurgie ViscéraleEn l’absence de critère de gravité, le traitement privilégie en premier lieu le traitement conservateur suivi en cas d’échec du traitement pharmacologique dont le chef de file est la néostigmine ; la colo-exsufflation endoscopique représente également un traitement de choix. ... La chirurgie est à envisager en cas d’échec du traitement médical ou suspicion de perforation colique
-
Ponec 1999. Essai randomisé : Neostigmine for the treatment of acute colonic pseudo-obstruction. N Engl J MedTen of the 11 patients who received neostigmine had prompt colonic decompression, as compared with none of the 10 patients who received placebo (P<0.001). The median time to response was 4 minutes (range, 3 to 30)